Faire avec l'Amour
C'est une mode, le raz-le-bol de ce début de millénaire, l'amour a la côte en berne...
Les newsss donzelles de la chanson française lui font du boudin et se passent le relais pour nous (dés)avouer : « J'aime pas l'amour » (Olivia Ruiz), « L'amour, hum, hum, pas pour moi » (Carla Bruni), ou encore « Je hais les couples ! » (Anaïs). J'en passe et des meilleures.
Il semble que la liste des doléances soit longue...
L'Amour impopulaire ? Mais qu'est-ce qu'on lui reproche au juste, à l'Amour ?
L'Amour, ça fait mal...
Aimer, c'est prendre le risque de se casser la binette, c'est bien connu... Plus tu t'attaches plus tu te délies, plus tu t'abandonnes, moins y a de filet !
Et quand tu sais que « les histoires d'amour finissent mal en général », on peut comprendre que ça ne te donne pas vraiment envie de commencer, ou alors, tout doucement, à tâtons...
Mais la peur de souffrir n'empêche jamais la souffrance, ça aussi, c'est bien connu.
Alors, l'Amour, ça fait mal, certes, mais la vie aussi, non ? Tu passes ton temps à ramasser tes dents, me diras-tu. Mais ça n'en donnes que plus de valeur au bonheur.
L'Amour, c'est gnangnan...
Surtout chez les autres, t'as pas remarqué ?
Tandis que tu es assise tranquille dans le métro, tu en vois deux qui se susurrent des mots doux entre deux éclats de rire.
Dans la rue, ils se donnent la main, marchent bras dessus bras dessous, se tiennent par le string...
Qu'est-ce qu'ils on l'air débiles !!!!
En plus ils sont partout ! Tu es cernée ! Y en a dans ta famille, chez tes amis, même ton cousin super macho-je-revendique-ma-belle-gueule-de-célibataire est tombé amoureux, et exhibe un regard de merlan frît, même qu'il en perd dix couches de charme...
Anaïs t'a comprise quand elle chante « Elle est belle, ta quiche, amour. Mon c½ur, passe-moi la salade... » Mais qu'est-ce qu'elle ajoute ? « Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule !!» Ce serait pas plutôt ça, dis ?
Et cette snsation de joie, de plénitude, de bonheur si grand que tu n'arrives pas à l'exprimer avec ton petit corps, de bonheur si grand, si parfait, que quoi que tu fasses, il sort de toi, et va exploser à la face des passants dans la rue, ce n'est tout de même pas la pire sensation que tu aies ressentie, si ?
Et puis, toujours pour philosopher, « l'Amour est un égoïsme à deux», a dit un autre jour le sage (Enfin, là, c'est pas quelqu'un de bourré, mais Madame de
L'Amour, ça se contrôle pas !
C'est vrai, c'est sans doute ce qui est le plus contrariant avec l'amour, c'est qu'il ne fait jamais ce qu'on lui dit ! Il n'est jamais comme on voudrait, bref, il est têtu et pénible !!!!
Pourquoi, pour ce beau garçon, gentil, attentionné qui est fou de toi et près à tous les sacrifices, tu n'arrives pas à le ressentir, ce fichu sentiment ?
Il est bon pour toi, pourtant, ce candidat-là ! Mais rien à faire, comme chanterait Zazie et Vincent Baguian : « J'aimerais crier que je t'aime, je crois bien que j'ai un problème, je ne t'aime pas !!! »
En revanche, tu ne sais pas pourquoi il s'entête à ce point, l'Amour, mais tu ne parviens pas à te détacher de celui-là, le beau bourreau des c½urs, pas si futé que ça en plus, qui dans le fond, n'a pas grand chose pour lui...
Un an que tu essaies, que tu batailles contre toi-même pour lui résister, pour l'oublier, et passer à autre chose.
Mais il peut bien passer sous ton nez une quinzaine de princes Williams...
Et le sage ajouta : « L'amour a ses raisons que la raison ne connaît pas ». Tu es bien avancée, me diras-tu, mais avoue, c'est bien ça qui fait tout son charme. Surtout que tu sais bien que dans un futur plus ou moins proche, tu te demanderas ce que tu as pu trouver à Tony...
En plus, l'amour est inconstant, il flotte dans l'air du temps, traînant sur son passage toute une foule de parfums, tour à tour entêtants, légers ou capiteux...
Alors, que tu le veuilles ou non, on ne contrôle pas l'amour, on ne le possède pas, on ne s'en protège jamais longtemps, pauvres petits pantins que nous sommes entre ses doigts de fée...
Mais ce qui es sûr, et ce que, même quand tu nous la joue râleuse, à chanter en c½ur avec Olivia Ruiz, tu ne peux pas nier, c'est que, comme conclu
t le sage (Edith piaf, en vérité) « sans amour, on n'est rien du tout »...